La graine

La graine contient un embryon à l’origine d’une future plante. Cet embryon est parfois entouré d’un tissu nourricier nommé albumen, une sorte de réserve qui permettra à l’embryon de se nourrir depuis la germination jusqu’au stade plantule. Le tout est protégé de l’environnement extérieur par une enveloppe plus ou moins rigide appelé tégument. Mais, quelle est donc l’origine de la graine ?

De la pollinisation à la fécondation

La pollinisation est le moment où un grain de pollen provenant d’une étamine rencontre le stigmate du pistil. Ce mariage est le fruit d’une multitude de possibilité :

- Si le pollen est apporté par le vent, on parlera d’anémogamie (ex : conifères),

- Si le pollen est apporté par un animal, on parlera de zoogamie (ex : pommier),

- Si le pollen est apporté par l’homme, on parlera de sélection variétale.

Suite à cette étape fondamentale, le pollen gonfle en s’hydratant puis germe. Il développe un long tuyau, appelé tube pollinique et dans lequel circule deux spermatozoïdes, à l’intérieur du style. Pour qu’il y ait germination du pollen et développement du tube pollinique, il doit y avoir une reconnaissance entre l’organe femelle et le pollen. Ainsi distingue-t-on des cas d’incompatibilités. Le tube pollinique poursuit sa course jusqu’à l’ovaire où il entre en contact avec un ovule. La fécondation commence alors :

- Un premier spermatozoïde va fusionner avec le noyau de l’ovule pour former l’embryon. Cet embryon est constitué des futurs organes de la plante à savoir :

o La radicule, la première racine,

o L’hypocotyle, la première tige entre le collet et les cotylédons,

o La gemmule, ou premières feuilles,

o Le ou les cotylédons (les graminées n’ont qu’un seul cotylédon c’est pourquoi on les connait également sous le nom de monocotylédones ; la majorité des espèces végétales présente deux cotylédons d’où le groupe des dicotylédones).

- Le second spermatozoïde va quant à lui donner l’albumen (à noter que chez certaines espèces comme le haricot, il disparaît au profit des cotylédons).

De la fructification au transport des graines

Une fois fécondée, la fleur disparaît et le fruit commence à se former. Ce fruit peut être charnu ou sec, déhiscent ou indéhiscent (s’ouvrir ou non). Au sens botanique du terme, le fruit est le résultat de la transformation de l’ovaire c’est pourquoi on considère comme « faux » certaines catégories de fruits telles les fraises ou les pommes. En effet, ces faux-fruits sont issus de la transformation du réceptacle floral et non de l’ovaire. Les fruits atteignent leur maturité lorsque la graine est complètement formée. De nouveaux processus physiologiques se mettent en place : il est alors temps pour la plante de répandre ses petits aux alentours.

Pour faciliter leur transport, les fruits optent pour diverses stratégies :

- Les couleurs vivent attirent les animaux qui les consommeront,

- Les ailettes comme chez les érables ou des appendices poilus nommés pappus tel les pissenlits sont transportés grâce au vent,

- Des systèmes de catapultes ou de frondes permettent aux Protéacées de jeter au loin leurs graines,…

Les graines attendent alors patiemment le moment propice à leur germination.

De la germination à la plantule

La germination correspond au moment où la radicule perce les téguments de la graine. Pour que cet heureux évènement ait lieu, la graine doit certes être placée dans les bonnes conditions mais aussi et surtout les téguments doivent être fragilisés.

Naturellement, les graines subissent différents chocs et agressions soit en se retrouvant par exemple dans le tube digestif d’un oiseau soit en étant placées dans des conditions de chocs thermiques ou hydriques. Lorsque ces processus naturels n’ont pas lieu, c’est à l’Homme qu’incombe cette tâche. La scarification, les bains d’acides, la chaleur sèche, l’eau bouillante… sont autant de techniques qu’il utilise pour favoriser la germination des graines.

Une fois les téguments fragilisés, la graine peut enfin germer. Cette ultime étape nécessite :

- De l’humidité,

- De la chaleur, généralement plus de 15°C,

- De l’oxygène, car la graine respire.

Les graines n’ont pas besoin de lumière. Il en va tout autrement des plantules ! Pour éviter l’étiolement, c’est-à-dire l’allongement disproportionné de la plantule accompagné d’un jaunissement des cotylédons, les semis doivent être placés à la lumière. Les graines n’ont pas besoin de nourriture car leurs réserves (albumen ou cotylédons) sont suffisantes jusqu’au stade plantule. C’est pourquoi, les substrats spéciaux pour semis contiennent un peu d’engrais pour soutenir la croissance de la toute jeune plante.

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